C’est par le biais de la pauvreté que je suis entrée en prison, il y a près de neuf ans.
Pauvreté financière, économique, un SDF faisant la manche sur le quai d’une gare, par temps froid, quêtant une petite pièce pour se réchauffer en prenant un café : « Je sors de prison… », murmurait-il, comme pour se justifier, s’excuser. Les gens alors de s’éloigner, comme au devant d’un pestiféré. Ma première rencontre avec un prisonnier. Je fis mieux que de lui donner une « petite pièce », je l’accompagnai à La Brioche Dorée pour l’entendre me parler, autour d’un café, de sa prison, de sa « sortie sèche », après la peine, sans rien d’autre que deux tickets de métro et un carton dans les bras contenant quelques effets personnels.









