<br />
<b>Notice</b>:  Function _load_textdomain_just_in_time was called <strong>incorrectly</strong>. Translation loading for the <code>updraftplus</code> domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the <code>init</code> action or later. Please see <a href="https://developer.wordpress.org/advanced-administration/debug/debug-wordpress/">Debugging in WordPress</a> for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in <b>/home/tobeorno/www/wp-includes/functions.php</b> on line <b>6131</b><br />
{"id":307,"date":"2012-01-28T19:23:58","date_gmt":"2012-01-28T18:23:58","guid":{"rendered":"http:\/\/tobeornot.fr\/?p=307"},"modified":"2012-01-29T11:49:13","modified_gmt":"2012-01-29T10:49:13","slug":"la-desesperance-ca-peut-se-vivre-en-bleu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tobeornot.fr\/?p=307","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La d\u00e9sesp\u00e9rance \u00e7a peut se vivre en bleu\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><em>C&rsquo;est beau une ville la nuit<\/em>,\u00a0Richard Bohringer,\u00a01988, Folio<a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/c-est-beau-une-ville.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"318\" data-permalink=\"https:\/\/tobeornot.fr\/?attachment_id=318\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/c-est-beau-une-ville.jpg?fit=84%2C140&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"84,140\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"c-est-beau-une-ville\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/c-est-beau-une-ville.jpg?fit=84%2C140&amp;ssl=1\" class=\"alignright size-full wp-image-318\" title=\"c-est-beau-une-ville\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/c-est-beau-une-ville.jpg?resize=84%2C140&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"84\" height=\"140\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Un livre vrai. Vous me direz ce que vous en avez pens\u00e9&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est pas de la grande litt\u00e9rature&#8230;\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->disiez-vous. Je ne sais pas ce que vous entendez par \u00ab\u00a0grande\u00a0\u00bb litt\u00e9rature, mais moi, malgr\u00e9 mes ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9tudes et de lectures \u00e8s litt\u00e9rature, je ne sais plus trop aujourd&rsquo;hui ce qu&rsquo;est la \u00ab\u00a0grande\u00a0\u00bb litt\u00e9rature. J&rsquo;ai beaucoup de mal quand on juge un livre \u00ab\u00a0bon, mauvais, petit ou grand\u00a0\u00bb en soi, faisant ainsi de notre jugement un absolu, plus ou moins cat\u00e9gorique. Pareil pour une musique, une peinture, un film, une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, toute cr\u00e9ation artistique. Notre jugement est tellement conditionn\u00e9, subjectif, personnel&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et, le plus souvent, nous n&rsquo;aimons pas&#8230; parce que nous ne comprenons pas. Il y a des oeuvres qui me touchent, me parlent, et il y a les autres, que je comprends moins, ou pas du tout, dont je n&rsquo;ai pas le mode d&#8217;emploi. Il n&rsquo;en demeure pas moins que j&rsquo;ai toujours beaucoup, beaucoup de mal avec les critiques n\u00e9gatives, p\u00e9remptoires, assassines : on met tellement de soi dans une cr\u00e9ation, quelle qu&rsquo;elle soit&#8230; que rien que la d\u00e9marche, chez moi, force le respect. Le courage de s&rsquo;exposer ; le courage d&rsquo;un travail souvent ingrat, pas toujours reconnu ou plubli\u00e9 ; le courage d&rsquo;une forme de renoncement, de t\u00e9nacit\u00e9 &#8211; cr\u00e9er requiert tellement de temps, tellement de soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et de rebondir sur ma derni\u00e8re affirmation : \u00ab\u00a0le courage de s&rsquo;exposer\u00a0\u00bb. Des premi\u00e8res pages, je n&rsquo;y voyais, au d\u00e9but, que culot, sinon provocation. Non : du cran ! Bohringer se livre tel qu&rsquo;il est. Il y va \u00e0 fond, du fond de ses trippes, du fond de son slip, de ses \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me, de coeur et de corps. Il se met \u00e0 nu ; il se met \u00e0 poil. C&rsquo;est toute la premi\u00e8re partie, quand il \u00e9voque sa Chienne de vie, quand il vaut moins que son Coin-coin de cabot ; quand il a le regard, la truffe, la queue plus bas que ce canid\u00e9, plus bas que le caniveau. Cela fait si mal d&rsquo;en \u00eatre l\u00e0. C&rsquo;est si profond\u00e9ment douloureux. Ces lignes m&rsquo;ont rappel\u00e9 l&rsquo;un des livres que je vous avais pr\u00eat\u00e9s: <em>Le jour o\u00f9 Nina Simone s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e de chanter<\/em>. En masculin. M\u00eame rapport au corps d\u00e9saim\u00e9. Aussi cru, violent. Mais la r\u00e9surrection en plus. Les phrases marquent, basculent, bousculent la syntaxe. Peut-on l&rsquo;aimer ? Ecume de l&rsquo;ivresse, hauts le coeur de la drogue. Les mots paraissent si crades parfois. Naus\u00e9abonds. Le corps s&rsquo;offre tel qu&rsquo;il se ressent : laid, moche, non d\u00e9sirable, non d\u00e9sir\u00e9, \u00ab\u00a0<em>vilain\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e9crit Bohringer. Lui, \u00ab\u00a0<em>il est de la tribu des balafr\u00e9s. Et vous l&rsquo;avez laiss\u00e9. Il est de la tribu des affam\u00e9s. Tyran de tendresse, d\u00e9ambulant d&rsquo;un amour refus\u00e9\u00a0\u00bb.<\/em>\u00a0Mais ce n&rsquo;est pas tant lui qui est \u00ab\u00a0<em>vilain\u00a0\u00bb<\/em>, que le regard de l&rsquo;autre qui est vil&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pardonnez ma r\u00e9f\u00e9rence, mais c&rsquo;est une parole de Soeur Chantal qui me vient en t\u00eate, l\u00e0 : \u00ab\u00a0On s&rsquo;offre tel que l&rsquo;on est\u00a0\u00bb. Avoir l&rsquo;humilit\u00e9 et le courage de se dire, de s&rsquo;\u00e9crire, de s&rsquo;offrir (\/souffrir) tel que l&rsquo;on est, tel que la nature nous a fait na\u00eetre, dans toutes nos imperfections, qui sont souvent bien plus r\u00e9elles, belles parce que singuli\u00e8res, que nos soit-disant perfections. Tout en sachant que \u00ab\u00a0<em>cette vie \u00e0 la gueule de chien<\/em>\u00a0\u00bb (le recueil se termine comme il a commenc\u00e9, par le m\u00eame animal totem) sera lu par sa famille, ses amis, ses enfants peut-\u00eatre, aujourd&rsquo;hui ou demain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par del\u00e0 ses casquettes d&rsquo;acteur, d&rsquo;\u00e9crivain, de p\u00e8re, Bohringer descend jusqu&rsquo;au fond de lui-m\u00eame pour se livrer homme, tel qu&rsquo;il est : \u00ab\u00a0<em>Viens voir les tout c\u00e2lins les pas h\u00e9ros \/ Ceux qui n&rsquo;ont peut-\u00eatre rien compris\u00a0\u00bb<\/em>. Sans concession. Sans d\u00e9tour, sans fard. Brutalement. Si authentiquement qu&rsquo;il en devient beau. Beau de sa v\u00e9rit\u00e9, de sa sinc\u00e9rit\u00e9, de sa singularit\u00e9, de son humanit\u00e9. De cette grandeur que seul le souffle des mots, quand le regard de l&rsquo;autre fait d\u00e9faut, peut parfois accorder.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De son corps, outre l&rsquo;\u00e9vocation de ses lourdes et maladroites \u00ab\u00a0<em>paluches\u00a0\u00bb<\/em>, j&rsquo;ai surtout aim\u00e9 son regard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le regard. Pont, trait d&rsquo;union mi-physique mi-spirituel avec les autres, avec le monde &#8211; \u00ab\u00a0<em>J&rsquo;ai vu le regard du ciel. J&rsquo;ai parl\u00e9 avec ce regard\u00a0\u00bb<\/em>. Miroir du coeur. Miroir de l&rsquo;\u00e2me. L&rsquo;envers du d\u00e9<em>corps<\/em>. Quand le corps ne bande plus, le regard reste tendu. Quand son corps reste \u00e0 terre, couch\u00e9, ne bouge plus, son regard s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve toujours, avide et rebelle. Petite lueur qui, m\u00eame dans la nuit, n&rsquo;a jamais tari, ne l&rsquo;a jamais trahi. Il a le coeur bien plus amarr\u00e9 \u00e0 la vie que le corps. Outre l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, outre l&rsquo;immensit\u00e9, son regard pluridimensionnel n&rsquo;est jamais assez grand pour circonscrire tout le vaste monde : \u00ab\u00a0<em>La vie je la gagnerai toujours d&rsquo;une courte t\u00eate. Je pourrai jamais me reposer. Jamais m&rsquo;arr\u00eater. Alors je la berce. Elle est ma glaise. Ma sculpture inachev\u00e9e<\/em>\u00ab\u00a0. Le regard se fait voyageur \u00ab\u00a0<em>\u00e9perdu, mais pas perdu<\/em>\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0<em>Voyageur immobile \u00e0 l&rsquo;imagination fertile (&#8230;).<a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix-maroc.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"522\" data-permalink=\"https:\/\/tobeornot.fr\/?attachment_id=522\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix-maroc.jpg?fit=128%2C94&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"128,94\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"baloulumix-maroc\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix-maroc.jpg?fit=128%2C94&amp;ssl=1\" class=\"alignright size-full wp-image-522\" title=\"baloulumix-maroc\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix-maroc.jpg?resize=128%2C94&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"128\" height=\"94\" \/><\/a> Dans les villes mortes. Les jeunes gens agonisent. Trop grave pour moi Venise. Et pr\u00e9f\u00e8re les ventres ouverts \u00e0 des dentelles port\u00e9es par les vents du d\u00e9sert. \/ En fait, j&rsquo;ai jamais pu vivre la vie en place. Un formidable don d&rsquo;observation pouvait laisser esp\u00e9rer \u00e0 un plus grand talent, \u00e0 une plus grande verticalit\u00e9. Mais je fais dans le sanguin ! L&rsquo;affectif ! A la fois, je touche les anges sans pouvoir vraiment l&rsquo;exprimer, et m&rsquo;abandonne \u00e0 des clich\u00e9s. Je suis superficiel profond\u00e9ment. Ou peut-\u00eatre profond\u00e9ment superficiel. Il suffit de la couleur du matin. \/ Toujours vivre dans une cale au milieu d&rsquo;un tr\u00e9sor invent\u00e9 . De l&rsquo;Inde du Sud au Grand Nord emmitoufl\u00e9. Des tavernes exaltantes de destins bris\u00e9s, de petit matin immortel o\u00f9 l&rsquo;\u00e9thylisme rend prince indompt\u00e9. Tout n&rsquo;est qu&rsquo;invention. Oui je crois en moi. A de rares instants je pense m\u00eame qu&rsquo;il est bien que j&rsquo;existe. Et puis parfois je trouve cela d&rsquo;une banalit\u00e9 effrayante. En fait, aucune importance. Vite respirer. Encore et encore. Me broyer les poumons de l&rsquo;oxyde de vie. Me vautrer des deux c\u00f4t\u00e9s, me ritueler d&rsquo;huile odorante, me refaire la peau \u00e0 coups de nouvelle vie. Ne rien savoir et tout humer. Je n&rsquo;ai envie que d&rsquo;entendre mon coeur battre. \/ C&rsquo;est le bleu du bleu qui vient dans ma vie\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi son blues d\u00e9borde-t-il d&rsquo;amour&#8230; D&rsquo;amour pour sa blonde, pour sa brune, pour ses potes, pour la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sauf pour lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;ailleurs, si j&rsquo;ai bonne m\u00e9moire (ma lecture est vieille d&rsquo;un mois), sans vouloir enjoliver le personnage, ni haine ni rancoeur sous ses mots envers celles qui l&rsquo;ont abandon\u00e9, sauf sous quelques coups d&rsquo;ivresse, et encore, envers sa grand-m\u00e8re. A peine si l&rsquo;amer tue(me). Contre lui, qui se voit et se ressent si lourd, \u00ab\u00a0<em>genre placard\u00a0\u00bb<\/em>. R\u00e9sign\u00e9. Soumis comme un <a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/P1530929_30_31_tonemapped-1.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"476\" data-permalink=\"https:\/\/tobeornot.fr\/?attachment_id=476\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/P1530929_30_31_tonemapped-1.jpg?fit=84%2C128&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"84,128\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"P1530929_30_31_tonemapped-1\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/P1530929_30_31_tonemapped-1.jpg?fit=84%2C128&amp;ssl=1\" class=\"alignleft size-full wp-image-476\" title=\"P1530929_30_31_tonemapped-1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/P1530929_30_31_tonemapped-1.jpg?resize=84%2C128&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"84\" height=\"128\" \/><\/a>clebard. Tellement bless\u00e9. \u00ab\u00a0<em>J&rsquo;\u00e9tais pas si incontournable\u00a0\u00bb<\/em>. \u00ab\u00a0<em>Je suis \u00e9pave. Bois pourri. Je suis l&rsquo;ombre d&rsquo;une caverne. Comme un chien perdu. Le vent m&rsquo;apporte de fausses odeurs. Je suis une larme. Une m\u00e8re \u00e9ventr\u00e9e, un p\u00e8re rouge-gorge\u00a0\u00bb<\/em>. Nostalgie m\u00e9lancolique qui le fait \u00ab\u00a0<em>vivre dans du d\u00e9colorant\u00a0\u00bb<\/em>. Belle image pour de la d\u00e9prime. Bohringer s&rsquo;est \u00ab\u00a0<em>invent\u00e9 au creux des villes\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0comme il s&rsquo;est \u00e9crit au creux de la vague.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme la mousse du verre, de la nappe, de la table, ce bouquin d\u00e9gouline d&rsquo;un amour qui s&rsquo;\u00e9crit, mais qui ne sait pas encore comment se vivre. \u00ab\u00a0<em>J&rsquo;avais pas le mode d&#8217;emploi\u00a0\u00bb<\/em>. Pas exigeant pour deux sous, Bohringer, simplement g\u00e9n\u00e9reux et grand. Amour de sa grand-m\u00e8re (j&rsquo;adore l&rsquo;anecdote du pull-over vert) ; pour sa fille : \u00ab\u00a0<em>La m\u00f4me regarde son<a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-8.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"478\" data-permalink=\"https:\/\/tobeornot.fr\/?attachment_id=478\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-8.jpg?fit=85%2C128&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"85,128\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"baloulumix_chatelet-8\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-8.jpg?fit=85%2C128&amp;ssl=1\" class=\"alignright size-full wp-image-478\" title=\"baloulumix_chatelet-8\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-8.jpg?resize=85%2C128&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"85\" height=\"128\" \/><\/a> tas et me balance un sourire d&rsquo;Indien. \/ Un sourire mill\u00e9naire. Un sourire qui vient de si loin, qu&rsquo;une seconde je d\u00e9croche de la terre. Je quitte le sol. \/ Avec les yeux qui font des myosotis bris\u00e9s. Je rentre dans la prunelle et le paysage n&rsquo;est qu&rsquo;amour. Comme une clart\u00e9 soudaine. Comme sur les photos quand l&rsquo;Indien te pardonne ta mis\u00e8re de pauvre Blanc. De pauvre Blanc qui ne sait rien. Qui ne sait rien du vent et de ses odeurs. Qui ne sait rien des chevaux fous et de leurs myst\u00e9rieuses col\u00e8res. Qui ne sait rien des femmes et de leurs myst\u00e9rieux silences\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Amour des femmes. Mais l\u00e0, curieusement, je n&rsquo;ai corn\u00e9 aucune page. Amours qui se vivent, se disent, s&rsquo;\u00e9crivent difficilement. Pudeur, ombre ou silence ? Incompr\u00e9hension, interrogations ou insatisfaction ? Maladresses maladroites. Des \u00e9bats, au final, st\u00e9riles, qui fleurissent rarement en bleu, de ciel ou d&rsquo;encre. Des corps \u00e0 corps o\u00f9 la jouissance semble rarement v\u00e9cue comme une embard\u00e9e c\u00e9leste. Sans prolongation. De la fin, je reste sur ma faim. De sa Blonde enfin trouv\u00e9e il ne dit mot. Pudeur, ombre et silence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Amour d&rsquo;ses potes, et l\u00e0 mon coeur chavire. Quelle force d&rsquo;\u00e9vocation dans l&rsquo;hommage rendu \u00e0 ses \u00ab\u00a0<em>fr\u00e8res de vie\u00a0\u00bb.<\/em>\u00a0Morts ou vivants, pass\u00e9s, pr\u00e9sents, futurs, ils sont toujours l\u00e0, de cette fid\u00e9lit\u00e9 d&rsquo;\u00e2me et de coeur. Ils prennent vie sous ses mots ; on a envie d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, de partager un verre avec eux dans quelque bar, leur humble et joyeuse humanit\u00e9 pour seule richesse, en pot commun. Plus que des amis, des fr\u00e8res de conneries, des fr\u00e8res d&rsquo;\u00e2(r)me, des fr\u00e8res de vie ! Cette fraternit\u00e9 fid\u00e8le v\u00e9cue \u00e0 la vie \u00e0 la mort touche et rend l&rsquo;amiti\u00e9 plus enviable, sinon viable, sur le long terme, que l&rsquo;amour. A se demander si, au final, on ne s&rsquo;est pas tromp\u00e9 de mot. Je le sens tellement plus \u00ab\u00a0amoureux\u00a0\u00bb de ses amis. Tellement plus fine fleur, romantique et po\u00e9tique. Transport\u00e9. Fusionnel. Quelque chose d&rsquo;absolu, d&rsquo;entier et d&rsquo;\u00e9ternel qui semble alors pouvoir se vivre : \u00ab\u00a0<em>Ah Paulo. C&rsquo;est ma gr\u00e2ce. Ma ch\u00e2taigne. C&rsquo;est comme si c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;ensemble de mes potes. Un bout de chacun. Avec tous les coeurs \u00e0 la fois. C&rsquo;est ma seule famille. C&rsquo;est l&rsquo;endroit o\u00f9 je suis. Ce que je suis. C&rsquo;est peut-\u00eatre bien \u00e9perdu mais pas perdu\u00a0\u00bb<\/em>. <em>L&rsquo;endroit o\u00f9 je suis&#8230; Eperdu mais pas perdu&#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ou de Michel, son pote dealer : \u00ab\u00a0<em>mon vendeur, mon fr\u00e8re, mon assassin perdu (&#8230;) Marchand de mort ! De mort veule qui rampe, d\u00e9vore et broie l&rsquo;esprit. Finie l&rsquo;\u00e9toile polaire qui scintille au milieu du front. La grande Etoile polaire qui rassure les grands ours blancs perdus sur une banquise qui d\u00e9rive loin de la galette chaude de l&rsquo;esquimau. J&rsquo;ai vu mourir mes petits potes avec qui je riais jusqu&rsquo;au fond des yeux. Mes petits potes charmants, je me souviens du temps bleu o\u00f9 je me noyais dans leurs yeux, o\u00f9 tout \u00e9tait rien. Etait mensonge comme dans un songe. \/ Mais tu vois Michel, le temps a pass\u00e9 sur la douleur. Rien ne reste ni l&rsquo;amer ni l&rsquo;aigreur\u00a0\u00bb<\/em>. <em>Me noyais dans leurs yeux, o\u00f9 tout \u00e9tait rien<\/em>&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ou de Roland, son pote acteur (et l\u00e0, pardonnez la longueur, une nouvelle fois, de la citation, mais je go\u00fbte et me r\u00e9gale de ces mots, de cette vision en technicolore) : \u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est un beau souvenir. On a fraternis\u00e9. Fraternis\u00e9 pour la vie (&#8230;) J&rsquo;ai pass\u00e9 des nuits de ma vie avec lui et sa vie. Des nuits d&rsquo;agonies et de renaissances. Des nuits fleurs bleues avec du n\u00e9on partout. Des \u00e9clatements en mille parcelles multicolores de nos col\u00e8res. Nous nous sommes aim\u00e9s debout, en brassant l&rsquo;espace. Je l&rsquo;aime celui-l\u00e0 et les autres. Les inconnus, les fous d&rsquo;amour. Avec le mal humain qui les ronge. Chiens galeux ! Chiens jaunes de nos errances ! T\u00e9moins humains de nos errances. J&rsquo;aime l&rsquo;errance ! Je m&rsquo;engloutis d&rsquo;errance ! J&rsquo;aime les \u00eatres d&rsquo;errance (&#8230;). \/ Tu pries comme un br\u00fblot. Tu ch\u00e9ris la vie et la mort au m\u00eame instant. Tu veux t&rsquo;engloutir dans les bras de la terre. Mais il faut \u00eatre humble et victorieux. Alors le courage, \u00e0 petits pas de rage, vient se blottir au creux du ventre. Et brusquement t&rsquo;encha\u00eenes, tu d\u00e9ploies. T&rsquo;envoies la banni\u00e8re du myst\u00e8re recouvrir le public. T&rsquo;entends le coeur qui acc\u00e9l\u00e8re. Tu te repais affam\u00e9. <a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-8538_39_40-1.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"479\" data-permalink=\"https:\/\/tobeornot.fr\/?attachment_id=479\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-8538_39_40-1.jpg?fit=86%2C128&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"86,128\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"baloulumix_chatelet-8538_39_40-1\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-8538_39_40-1.jpg?fit=86%2C128&amp;ssl=1\" class=\"alignleft size-full wp-image-479\" title=\"baloulumix_chatelet-8538_39_40-1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-8538_39_40-1.jpg?resize=86%2C128&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"86\" height=\"128\" \/><\/a>Avec Roland c&rsquo;\u00e9tait comme \u00e7a. Dans les bars, apr\u00e8s, nous inventions notre fatigue avec la chanteuse de blues qui chantait peut-\u00eatre pas le blues. Nous avions les m\u00eames plaies. La m\u00eame volont\u00e9 de bonheur et de beaut\u00e9. \/ Tu veux faire l&rsquo;acteur. Vas-y, Paulo, vas-y. C&rsquo;est bien. Tr\u00e8s bien. Alors faut \u00eatre joueur. Flambeur ! J&rsquo;ai couru vers le chagrin comme d&rsquo;autres courent vers le bonheur. Je suis s\u00fbr d&rsquo;aimer les gens qui ne m&rsquo;aiment pas. Qui rejettent le diable touch\u00e9 par la gr\u00e2ce. Tu me trouves vaniteux ? Bien bon ! Je ne suis pas petit quand je ne suis pas beau. Pas beau l&rsquo;humain ! Crottes de chien! Je suis un tr\u00e8s vilain capable de comprendre tous les vilains ! \/ Regarder la fin du monde. Tout le temps (&#8230;). Moi, quand j&rsquo;y arrive, c&rsquo;est comme si j&rsquo;atteignais l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. C&rsquo;est peut-\u00eatre de l\u00e0 que me vient ce sentiment d&rsquo;urgence. Cette aptitude aux choses simples. (&#8230;)\/ Il y a des jours o\u00f9 on a jou\u00e9 \u00e0 s&rsquo;aimer moins, d&rsquo;autres \u00e0 s&rsquo;aimer follement, alors que ce n&rsquo;\u00e9tait pas le vrai jour de l&rsquo;amour. Mais on \u00e9tait comme des braises ensemble, comme des fous de toujours\u00a0\u00bb. Des braises&#8230;Des fous de toujours.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Amour de la vie, enfin. Comme avec sa fille, comme avec ses potes, il a une fa\u00e7on bien particuli\u00e8re d&rsquo;entrer en relation avec la nature, avec la ville, avec la vie. D&rsquo;entrer en fusion, devrais-je dire. Relation quasi mystique. Et le quasi est certainement de trop. Profond\u00e9ment reli<strong>e<\/strong>gieux, au sens noble et \u00e9tymologique du terme, et au risque de vous d\u00e9plaire &#8211; mais c&rsquo;est lui qui le dit : Je vous salue Richard plein de \u00ab\u00a0gr\u00e2ces\u00a0\u00bb !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si ses paluches paraissent caresser maladroitement les femmes, embrasser trop \u00e9troitement ce paysage, c&rsquo;est qu&rsquo;il a le regard bien trop haut, le coeur bien trop vaste et les sens bien trop fins. Se vibrer, \u00ab\u00a0<em>se palpiter\u00a0\u00bb<\/em>, se papiller. Les verbes pronominaux qu&rsquo;il cr\u00e9e manifestent bien cette interconnexion avec l&rsquo;autre. Ouverture et hypersensibilit\u00e9 qui lui permettent d&rsquo;absorber le monde, sinon de s&rsquo;absorber en lui via l&rsquo;imaginaire \u00e9thylique ou po\u00e9tique ,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ou via l&rsquo;am-our, ce myst\u00e9rieux trait d&rsquo;union entre soi et l&rsquo;autre, entre soi et le monde, qu&rsquo;il vit \u00e0 l&rsquo;instinct, inn\u00e9, sans avoir besoin de mode d&#8217;emploi, contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;il croit : \u00ab\u00a0<em>Envie de voir les vieux amis. Voir les yeux et l&rsquo;amour. Laisser la nuit se passer<a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-5-3.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"480\" data-permalink=\"https:\/\/tobeornot.fr\/?attachment_id=480\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-5-3.jpg?fit=128%2C82&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"128,82\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"baloulumix_chatelet-5-3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-5-3.jpg?fit=128%2C82&amp;ssl=1\" class=\"alignright size-full wp-image-480\" title=\"baloulumix_chatelet-5-3\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/baloulumix_chatelet-5-3.jpg?resize=128%2C82&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"128\" height=\"82\" \/><\/a> autour de la table chaude, avec la lumi\u00e8re, faire la couleur du plus tendre des miels. Rire \u00e0 notre pass\u00e9 avec quelques immobilit\u00e9s, p\u00e9n\u00e9trer la pupille de l&rsquo;ami, et puis revenir de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9. Instants l\u00e9gers o\u00f9 les hommes se palpitent enti\u00e8rement comme s&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient que papilles gourmandes, affam\u00e9s. Ivresse du son de la voix. Vaincre l&rsquo;anonymat. Etre s\u00fbr de rester \u00e0 jamais dans le coeur de l&rsquo;autre. Savoir enfin, qu&rsquo;on ne l&rsquo;a jamais quitt\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>. Bon sang qu&rsquo; c&rsquo;est bien, qu&rsquo; c&rsquo;est beau, qu&rsquo; c&rsquo;est bon ! \u00ab\u00a0<em>Je vivais les arbres et les imperceptibles palpitations de la nature. Comme si je faisais partie d&rsquo;elle, de ce v\u00e9g\u00e9tal dont il m&rsquo;arrivait de voir les yeux au hasard de crise d&rsquo;\u00e9thylisme<\/em>\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0<em>Je buvais dans la vie. Pour \u00eatre intelligent, fulgurant. Mais je marquais des points \u00e0 l&rsquo;instinct. Je travaillais \u00e0 l&rsquo;instinct, \u00e0 ses signes, \u00e0 ses codes, \u00e0 sa multitude\u00a0\u00bb<\/em>. Toute l&rsquo;intelligence de la Vie, de celle qui ne s&rsquo;apprend pas dans les livres&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et de ce bonheur encore qui ne peut se vivre, se saisir, se croquer que dans l&rsquo;instant : \u00ab\u00a0<em>Vas-y. Tu verras le bonheur, c&rsquo;est un tout petit truc de rien du tout qui fout le camp d\u00e8s que tu as le dos tourn\u00e9. Mais \u00e7a vaut le coup. T&rsquo;oublie pas. Premier lev\u00e9, dernier couch\u00e9. Sans \u00e7a, il n&rsquo;y a pas de raison ! (&#8230;) Je crois savoir pourquoi les po\u00e8tes sont malheureux. Parce qu&rsquo;ils sont du signe de l&rsquo;invisible. Que leur fa\u00e7on d&rsquo;aimer est myst\u00e9rieuse et souvent sans gloire\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0Dimanche en d\u00e9cembre. Dans la plaine des bois. Des bois des villes. L&rsquo;\u00e9corce des arbres comme la peau des vieux \u00e9l\u00e9phants qui dansent dans le froid souvenir. Du froid qui retient, qui ram\u00e8ne le pass\u00e9 (&#8230;) Square d&rsquo;hiver o\u00f9 les regards sont bleu pass\u00e9. Solitaire. Les yeux des femmes sont perdus dans la fourrure. \/ Leurs pieds foulent l&rsquo;\u00e9t\u00e9 mort avec des bruits de mer. Beaux moments pour les chasseurs d&rsquo;instants. Le dimanche je vais chasser. Croiser mes fr\u00e8res et mes soeurs. Dimanche d&rsquo;hiver. Un bien sec. Un bien froid. Un \u00e0 te foutre le nez \u00e0 l&rsquo;envers. Je chasse le bonheur. La position des corps pench\u00e9s l&rsquo;un vers l&rsquo;autre comme une pri\u00e8re<\/em>.\u00a0\u00bb A l&rsquo;instinct, il chasse des instants comme le peintre croque des images, avec son clavier pour chevalet et les mots pour couleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme d&rsquo;autres sont boulimiques, chez lui, c&rsquo;est l&rsquo;ivresse : \u00ab\u00a0<em>Moi je voulais devenir ivrogne. J&rsquo;avais les dons, une envie de me perdre sans fin et de mourir sans avoir connu le grand amour. Ou de mourir de trop l&rsquo;avoir connu<\/em>\u00a0\u00bb ; ivre d&rsquo;Amour, ivre de Fraternit\u00e9, ivre d&rsquo;Humanit\u00e9, ivre de Vie \u00ab\u00a0<em>Je vivais tout. J&rsquo;avalais tout. Je mettais de c\u00f4t\u00e9 pour plus tard (&#8230;) Je ne venais pas pour conqu\u00e9rir. Je venais pour voir. Et emmener ma brass\u00e9e d&rsquo;odeurs au pied de mon clavier (&#8230;). Tous ces mecs qui venaient de nulle part. On ne se parlait pas beaucoup mais on \u00e9tait fr\u00e8res. D&rsquo;esp\u00e9rance. D&rsquo;une esp\u00e9rance d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0<em>La hargne de tout retenir. De faire \u00e9clater le point \u00e0 l&rsquo;horizon. M\u00e9moire. O\u00f9 des pans d&rsquo;ombre deviennent flamboyants\u00a0\u00bb<\/em>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Vie je veux plonger encore en toi.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Je veux m&#8217;embraser d&rsquo;innocence et de matins qui divaguent\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">_&#8211;_&#8211;_&#8211;_&#8211;_&#8211;__-___&#8212;&#8211;_&#8211;_&#8211;_&#8211;_<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212;___-_-_-____&#8212;&#8212;___________&#8211;___-_-_-_&#8211;_&#8211;_&#8211;_&#8211;_<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la mer. Je vivais mille vies. Mille vies plus belles, mille vies plus sourdes. Comme si j&rsquo;avais eu une nich\u00e9e de moineaux au creux de la poitrine. Je palpitais \u00e0 l&rsquo;infini. J&rsquo;ai \u00e9crit chaque jour. Chaque nuit. Avec acharnement. Avec trois ou quatre c au mot locomotive comme si j&rsquo;avais voulu dans le m\u00eame mot rajouter les wagons\u00a0\u00bb<\/em>&#8230; Oui, ne cesser de rajouter des C au mot locomotive pour que ce beau voyage qu&rsquo;est notre Vie ne finisse&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(Correspondance, lundi 7 novembre 2011)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est beau une ville la nuit,\u00a0Richard Bohringer,\u00a01988, Folio \u00ab\u00a0Un livre vrai. Vous me direz ce que vous en avez pens\u00e9&#8230; Ce n&rsquo;est pas de la grande litt\u00e9rature&#8230;\u00a0\u00bb,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-307","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-des-maux"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8aM3h-4X","jetpack-related-posts":[{"id":1159,"url":"https:\/\/tobeornot.fr\/?p=1159","url_meta":{"origin":307,"position":0},"title":"Feu n\u00b0690800","author":"Delphine Dhombres","date":"17 octobre 2012","format":false,"excerpt":"\"Vous \u00eates Delphine ? questionne la conseill\u00e8re d'insertion et de probation. Le petit monsieur est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 peu avant 17 heures. C'est inhabituel comme situation : aucune famille \u00e0 contacter dans son dossier, seulement une lettre vous d\u00e9signant comme personne de confiance. Non, vous ne pouvez pas venir veiller le corps.\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;des Mots prisonniers&quot;","block_context":{"text":"des Mots prisonniers","link":"https:\/\/tobeornot.fr\/?cat=8"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/oiseaux-de-mer-sur-le-coucher-du-soleil-150x150.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":1263,"url":"https:\/\/tobeornot.fr\/?p=1263","url_meta":{"origin":307,"position":1},"title":"La confiance est-elle n\u00e9cessaire pour accompagner ?","author":"Delphine Dhombres","date":"15 avril 2013","format":false,"excerpt":"Poser comme sujet de r\u00e9flexion le th\u00e8me de la confiance m'a paru, de prime abord, assez incongru. Pour cause, je n'ai jamais pens\u00e9 mes accompagnements en terme de confiance, puisque ce mot, pour moi, ne s'applique, ne s'\u00e9prouve que dans la sph\u00e8re priv\u00e9e o\u00f9 l'on se lie avec des personnes\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;des Maux&quot;","block_context":{"text":"des Maux","link":"https:\/\/tobeornot.fr\/?cat=5"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/Confiance.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":2514,"url":"https:\/\/tobeornot.fr\/?p=2514","url_meta":{"origin":307,"position":2},"title":"Grand entretien &#8211; Panorama","author":"Delphine Dhombres","date":"19 ao\u00fbt 2022","format":false,"excerpt":"Rapha\u00eblle Coquebert : Dhombres, c\u2019est votre nom de plume et d\u2019\u00e9pouse mais votre patronyme est\u00a0Benabdelhadi. D\u2019o\u00f9 venez-vous, Delphine\u00a0? Delphine Dhombres : Je suis arri\u00e8re-petite-fille de miniers polonais et petite-fille d\u2019immigr\u00e9s alg\u00e9riens, install\u00e9s en Is\u00e8re comme\u00a0artisans-imprimeurs. De mon enfance, je garde un souvenir heureux, malgr\u00e9 les fins de mois difficiles, les\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Des mots d'Esprit&quot;","block_context":{"text":"Des mots d'Esprit","link":"https:\/\/tobeornot.fr\/?cat=20"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_3478-scaled.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_3478-scaled.jpg?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_3478-scaled.jpg?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_3478-scaled.jpg?resize=700%2C400&ssl=1 2x, https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_3478-scaled.jpg?resize=1050%2C600&ssl=1 3x, https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_3478-scaled.jpg?resize=1400%2C800&ssl=1 4x"},"classes":[]},{"id":1535,"url":"https:\/\/tobeornot.fr\/?p=1535","url_meta":{"origin":307,"position":3},"title":"Une tous les trois jours","author":"Delphine Dhombres","date":"31 ao\u00fbt 2014","format":false,"excerpt":"\u00a0 Samedi dernier (23 ao\u00fbt), j'\u00e9tais de mariage. Tout le monde s'en fiche, me direz-vous, et vous avez raison. Sauf que, au pot d'honneur, j'ai rencontr\u00e9 une femme avec qui j'ai discut\u00e9 ... de femmes ! Mais pas de n'importe quelles femmes ! Pas des stars du grand \u00e9cran, des\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;des Maux&quot;","block_context":{"text":"des Maux","link":"https:\/\/tobeornot.fr\/?cat=5"},"img":{"alt_text":"photo-18","src":"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/photo-18-150x150.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":1494,"url":"https:\/\/tobeornot.fr\/?p=1494","url_meta":{"origin":307,"position":4},"title":"Merci","author":"Delphine Dhombres","date":"11 ao\u00fbt 2014","format":false,"excerpt":"Une chaise m'attend. Face \u00e0 son lit m\u00e9dicalis\u00e9. J'ai \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e et il m'attend. J'avoue que c'est assez intimidant, un inconnu qui vous attend ; assez inqui\u00e9tant, m\u00eame, un d\u00e9tenu qui prend patience. D'habitude, je d\u00e9boule comme \u00e7a, dans leur cellule, sans crier gare. Un point d'interruption dans la monotonie\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;des Mots prisonniers&quot;","block_context":{"text":"des Mots prisonniers","link":"https:\/\/tobeornot.fr\/?cat=8"},"img":{"alt_text":"Carrosse 2","src":"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Carrosse-2.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":1178,"url":"https:\/\/tobeornot.fr\/?p=1178","url_meta":{"origin":307,"position":5},"title":"Nos p\u00e9p\u00e9s de la prison","author":"Delphine Dhombres","date":"22 novembre 2012","format":false,"excerpt":"Je dois avouer, pour commencer, que je ne voyais pas quelle contribution notre association, les petits fr\u00e8res des Pauvres, pouvait apporter \u00e0 la manifestation de ce jour lorsque vous nous avez contact\u00e9s en mai-juin dernier. A ce moment-l\u00e0, en effet, il me semblait que nous n'avions pas vraiment \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s,\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;des Mots prisonniers&quot;","block_context":{"text":"des Mots prisonniers","link":"https:\/\/tobeornot.fr\/?cat=8"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/tobeornot.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/IMG_0006-e1353616667206-150x150.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/307","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=307"}],"version-history":[{"count":115,"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/307\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":589,"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/307\/revisions\/589"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=307"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=307"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tobeornot.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=307"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}